Vidéo en ligne

Facebook et Google misent sur la VOD

La révolution de la VOD n’en est qu’a son balbutiement. Mais je parie qu’elle va s’accélérer dans les 12 mois qui viennent, que la perte de valeur pour l’industrie ne va pas être aussi dramatique que dans la musique, et que, dans moins de 10 ans, la plupart des grandes sorties « cinéma » auront lieu sur vos écrans de télé.

Pourquoi ? D’abord parce que le modèle des studios hollywoodiens, basé sur les recettes du ciné et du DVD, a besoin de se renouveler rapidement, que les gens qui mènent la danse ont l’air plus éclairés que ceux qui l’ont mal menée pour la musique. Pas seulement parce qu’ils peuvent analyser les erreurs de ces derniers. Je pense que la filière vidéo est naturellement constituée de personnes plus professionnelles que la filière musique. Ce n’est qu’une opinion, qui vaut ce qu’elle vaut, et qui est seulement basée sur mon expérience personnelle. Allons bon ! Je ne citerai pas de noms !

Quels sont les indices de cette accélération ? En deux mots : Facebook et Google. Plus exactement, l’intérêt que les deux géant du Web portent sur la VOD. Ils savent qu’ils ont leur carte à jouer dans la distribution future de ce nouveau business. Ils se verraient bien posséder un réseau de salles virtuelles (home cinéma) qui pourrait lancer le nième épisode de Spider-Man ou d’Harry Potter, simultanément dans tous les pays du monde, en appuyant sur un seul bouton. (Sont-ils aussi mégalos ? J’exagère sans doute un chouïa…). Si les salles physiques conservent leur exclusivité à la sortie, alors on va assister à l’apparition d’un nouveau marché qu’on pourrait appeler le « cinéma de rattrapage ». Exit les rayons de DVD et les loueurs de DVD.

Mais que font donc Facebook et Google pour que je me mette encore à écrire de la Sci-Fi ? Ils cherchent à s’accaparer le colossal marché de la pub TV, disons plutôt de la pub qui sera générée par la consommation de films, de séries et de vidéos sur les écrans/terminaux de demain. Dans cette optique, la VOD va les aider à capter les consommateurs de films et de séries TV.

Voici la tactique commune que j’ai repérée. D’abord, ils parient tous les deux sur les mêmes interfaces et les mêmes marques qu’aujourd’hui : YouTube pour Google et les pages fans de Facebook pour Facebook. Ils faut dire qu’elles sont ultra populaires, et que le marché de la VOD a besoin de très gros volumes pour exister. D’autre part, ils dealent avec les studios pour se répartir les parts du gâteau estimé. Ils sont aussi en train de développer la techno nécessaire pour que tous les écrans de taille suffisante puissent recevoir le film à sa sortie dans la même qualité qu’une salle de ciné équipée tout numérique, c’est ce qui va prendre encore un peu de temps, mais qui va être crucial dans le succès des solutions à venir. À ce sujet, je pense que le degré d’ubiquité des technologies va jouer un rôle majeur. Recevoir des recommandations d’amis via les réseaux sociaux sur son smartphone. Mettre le film dans sa file d’attente des films à projeter sur son écran préféré. Payer en « monnaie douce » (facture téléphonique, points Facebook… lorsqu’on veut et qu’on est prêt à consommer le contenu…).  L’arrivée de la TV connectée et le lancement de Google TV constituent évidemment des leviers d’accélération importants.

Concrètement, voici les faits qui m’ont mis la puce à l’oreille et que je classerais dans la catégorie « tests auprès du public pour mieux calibrer le business ». Le 9 mars de cette année, Warner a ouvert le bal, avec The Dark Night (le Batman de Christopher Nolan). Rebelote le 28 mars avec Inception et Harry Potter. Ces films étaient vendus sur leurs pages Facebook respectives. Aucun chiffre de vente n’a encore été publié. Et maintenant, c’est au tour de TF1. Ils s’y sont essayés le 8 juin, avec la diffusion payante du dernier spectacle de Florence Foresti sur Facebook. Entre parenthèse, c’est un très joli coup pour Tristan Du Laz, le nouveau patron de la VOD chez TF1, qui avait fait une longue carrière chez Canal+ avant ce transfert.

Google, de son côté, a chargé les nouveaux patrons de YouTube, de prendre à bras le corps le dossier VOD. Et on a vu fleurir également du catalogue Warner payant sur YouTube. Bref, les armes se fourbissent. Et j’ai hâte d’avoir enfin une belle interface, bien « usable », qui me permette de choisir le dernier Scorsese parmi des milliers de bons films, directement sur mon téléviseur. Je suis prêt à l’acheter 6 euros, peut être même 10, si la qualité est là !

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