Musique en ligne

Spotify va-t-il sauver les majors du disque ?

« Spotify rapporte plus qu’iTunes ! » Cette info relativement récente m’a donné envie de vous parler de ce service de musique en ligne. Bien qu’enthousiasmé par la nouvelle, comme tout « early-adopter », je dois mesurer le propos. Il s’agit d’une info venant du marché suédois (pays d’origine de Spotify) qui a été confirmée par la filiale locale de SonyBMG. Ceci ne veut donc pas dire que Spotify rapporte plus d’argent à ses actionnaires qu’iTunes à Apple, loin de là. Mais simplement que Spotify a réussi à développer en moins d’un an un modèle économique qui a montré sa capacité à mieux rémunérer une maison de disque, sur un territoire donné, que le légendaire iTunes. Et c’est déjà pas mal ! Ça suffit à redonner du baume au cœur de toute la profession (comme on dit).

Spotify va-t-il sauver l’industrie du disque ? C’est un peu tôt pour le dire. Mais ce que nous pouvons d’ores et déjà certifier, c’est qu’ils sont bien partis, ces malins Suédois. (Lille luringene !) Ils ont vraiment fait les choses comme il faut. Ils ont discuté aux majors avant de lancer le service sur le marché, et non pas après, comme Deezer. Les majors sont désormais dans le même bateau (on parle de 18% des parts). Elles donnent leurs fichiers et leurs méta données dans une qualité encore jamais vue et à un rythme soutenu. Le buzz médiatique est là. Le timing est excellent. Ce n’est pas illégal. L’interface est sympa. (J’avoue que depuis qu’il y a les radios d’artiste, je l’utilise beaucoup plus souvent. Avant, j’adorais Last.fm pour cette fonctionnalité). Bref, énormément d’atouts !

Alors ? Spotify est-il le sauveur, le messie, le rédempteur de toute une industrie ? Peut-être pas de TOUTE l’industrie, mais il a le mérite de découvrir un coin de ciel bleu dans un horizon qui n’était fait que de gros nuages noirs.

4 commentaires pour Spotify va-t-il sauver les majors du disque ?

  • uyi007No Gravatar

    alors, ça donne quoi?

  • MaudNo Gravatar

    J’espère, mais bon le cd en tant qu’objet (couverture, paroles…) a mon avis reste encore « vivant », sauf si bien sur il trouve une meilleure alternative. De plus les chaînes hifi en haute fidélité ne sont toujours pas pourvues de lecteur MP3, USB et branchement approprié pour cette nouvelle technologie pour l’instant à ma connaissance. Je serai le premier investisseur si demain la haute fidélité investissait ce créneau.

  • Guillaume DoréNo Gravatar

    Bonjour Fabien,

    Tout d’abords, félicitations! Très beau blog et puis il semble y’en avoir pour tout le monde…
    Aussi, je viens de lire l’article du Monde: « Le groupe PPR envisage de céder la Fnac et Conforama » qui répétait l’article du Financial Time que j’avais lu le jour d’avant. Bien que je ne prenne pas ça trop au sérieux, il semble plus déterminé qu’il l’était il y’a trois ans le François-Henri. À Londres après les fermetures de Virgin, Fopp, Zavii (Virgin Management mess) et d’autres, il n’y'a plus que HMV qui fait du CD sur le high street sinon les supermarchés font couler ce qui reste du marché avec des nouveautés à prix coutants. Pour de plus en plus de compagnies (retail) le CD est considéré maintenant comme produit d’appel. Est-ce déjà le cas en France? La Fnac et HMV vendent plus ou moins les mêmes produits, différemment (l’un est agressif l’autre a pour longtemps porté le costume de Mecque culturel). Si Fnac venait à être vendu, y’aurai-t’il quelqu’un pour reprendre le flambeau?

  • FabienNo Gravatar

    Bonjour Guillaume, et merci pour ta contribution très intéressante.
    C’est en effet très triste de voir les boutiques de disque fermer les unes après les autres. Je ne suis pas sûr que la stratégie des derniers commerçants physiques soit vraiment ce qu’on appelle du prix d’appel. En fait, il s’agit plutôt d’un phénomène de fin de cycle bien connu, où l’on court après la valeur passée du business en tentant d’augmenter les volumes avec des prix bas. Quant à la Fnac, je pense que c’est une enseigne qui a de nombreuses ressources et qui n’intéresse plus PPR depuis longtemps (rentabilité incomparable au luxe). La reprise des marchés boursiers crée un cadre adéquat pour la vendre. Tant que le positionnement de la Fnac restera celui d’un distributeur spécialiste de la culture et des nouvelles technologies – i.e. pas un média, pas un hard discounter, pas une boutique de luxe -, alors elle pourra se développer avec ou sans vente de disque. Le tout est de bien comprendre les évolutions des marchés relatifs à ce positionnement et de s’y faire une place de choix; ce qui est loin d’être gagné quant à la musique en ligne!

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