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Facebook et Twitter aux côtés des peuples révoltés en Egypte et en Tunisie

A propos des événements extraordinaires qui surviennent actuellement dans certains pays du monde arabe et qui sont diffusés sur les télés du monde entier, j’aimerais commencer par dire une chose essentielle : pourvu qu’il n’y ait pas de bain de sang. Deuxièmement, je voudrais féliciter les Tunisiens. Ils peuvent être fiers d’avoir appliqué ce fameux concept d’autodétermination (droit des peuples à disposer d’eux-mêmes) sans l’aide de personne. Les peuples et les armées tunisiens et égyptiens nous ont montré un visage très différent de celui qu’on a l’habitude de voir sur les écrans des télés occidentales quand il s’agit du monde musulman. Ils ont réussi leur révolution de velours. Quelle sagesse ! Félicitations et bon courage pour le développement de votre démocratie et de votre prospérité partagée. Espérons que la suite des événements de la place Tahrir ne nous contredise pas.

Je voulais aussi aborder le rôle prépondérant du Web et des réseaux sociaux, avec en tête Twitter et Facebook. Dans ces élans libérateurs et pacifiques, ils apportent un appui incontestable aux gens qui se sentent en danger, à ceux qui souhaitent mobiliser et s’organiser contre un pouvoir oppresseur ou à ceux qui veulent juste témoigner d’un fait grave. Grâce à Facebook et à Twitter, tout cela est possible rapidement et à grande échelle. Plutôt que de parler des théories de la liberté soutenues par Hobbes ou Spinoza, qui, soit dit en passant, sont d’une pertinence incroyable dans les cas d’espèce, donnons un exemple concret de notre expérience.

Dans mon réseau Facebook, j’ai une amie tunisienne qui vivait à Oslo avant de « rentrer au pays » avec sa famille à la fin de l’été 2010. Dès que j’ai entendu que les heurts et les violences arrivaient vers la capitale (merci RFI, car à l’époque aucun autre media n’en parlait !), je lui ai envoyé un message de soutien sur son mur. C’était le 11 janvier 2011 (cf. copie d’écran ci-contre).

Facebook dans la révolte tunisienne

Sur Facebook, j'apporte mon soutien à une amie tunisienne le 11 janv.

J’ai pu prendre des nouvelles, être rassuré. Elle a pu sentir le soutien d’un ami lointain dans un moment difficile. Le plus impressionnant, c’était de voir toutes les images de profil remplacées par le drapeau tunisien. Une page à la mémoire de Mohamed Bouazizi, le martyr qui a déclenché la révolution, a vite circulé. Des échanges brefs pour connaître la situation de chacun, l’heure du couvre-feu, les bruits d’avion ou d’hélicoptère… Puis, la nouvelle de la fuite de Ben Ali s’est propagée dans une explosion de joie incroyable, FB regorgeait de cris de joie du type « vive la Tunisie libre », « vive la libération ». Depuis, des pages Facebook continuent de se multiplier, là pour soutenir un processus de transition exemplaire, ici pour rallier telle idée politique…

Qui ose encore penser que Facebook n’est pas le plus puissant des media sociaux ? Quel autre medium est capable d’un rôle aussi prépondérant dans la vie sociale et politique d’un pays ? Tellement prépondérant qu’il en arrive à aider un peuple à s’autodéterminer ? Les chaînes de télévision ? Non. Trop souvent dépendantes des pouvoirs politiques ou financiers. La presse écrite ? Non, trop lente à se diffuser. La radio ? Elle a peut-être encore un rôle à jouer. Mais le Web est imbattable. Twitter montre aussi des qualités incontestables d’intermédiaire instantané pour communiquer sur un événement et propager un message. Il est cependant restreint de par sa technicité et son nombre encore limité d’utilisateurs. Très apprécié des media lorsqu’ils traquent le scoop, il joue à plein son rôle de pouls de la situation en Egypte. Mais Twitter n’est pas aussi populaire, ni aussi pratique que Facebook quand il s’agit de s’organiser en communautés ou en sous-communautés. En tout cas, ces deux nouveaux media démontrent clairement ceci :

La liberté, lorsqu’elle est trop longtemps contenue dans un périmètre physique et intellectuel restreint (30 ans ?), sait trouver les moyens les plus aboutis pour s’échapper de plus belle. Vive la liberté, vive la Tunisie, vive l’Egypte !

Au fait, qu’est-ce qui se dit chez vos amis Facebook d’Abidjan ?

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